ça ne va peut-être pas vous servir tous les jours mais de temps en temps on me demande la
recette.
Le décreusage de la soie est l'opération qui consiste à débarrasser la soie de son grès, le grès étant la colle naturelle qui enveloppe le fil de soie quand le ver file son cocon et qui maintient
le cocon en forme en séchant.
Si l'on dévide le cocon, il ne faut pas dissoudre le grès mais seulement le ramollir dans l'eau chaude pour pouvoir décoller le fil, mais le grès est utile au dévidage. Il renforce le fil et
colle entr'eux les fils des différents cocons que l'on dévide ensemble. On obtient alors la soie grège. Le décreusage n'interviendra qu'une fois le fil mouliné et assemblé.
Mais on peut aussi filer la soie comme on file une toison de mouton. En général, ce sont les cocons défectueux qui sont réservés à cet usage, ou les cocons qui ont servi à la reproduction et dont
on a laissé sortir les papillons.
Recette
Pour 100 grammes de soie : 8 litres d'eau
80 grammes de savon de Marseille râpé
Faire dissoudre le savon et mettre la soie en remuant délicatement.
Porter à 90° pendant 1 heure environ.
Laisser tiédir le bain.
Rincer à 40/50 ° avec 1 cuillère à café d'ammoniaque par litre d'eau
Faire un deuxième rinçage sans ammoniaque.
Faire un deuxième bain de savon mais avec seulement 5 grammes de savon par litre d'eau.
Même rinçage.
Séchage à l'abri du soleil.
Pour savoir si une soie est bien décreusée, indispensable avant la teinture, presser la soie mouillée entre les doigts. Si elle est bien décreusée elle garde l'empreinte des doigts. Si elle
se regonfle c'est qu'il reste du grès et il faut refaire un bain de savon.
En général je teins les cocons à ce stade là. La teinture ne pénètre pas de manière homogène dans le cocon et cela donne de jolis dégradés, mais on peut aussi faire sécher les cocons, les filer
et teindre ensuite.
Quelques nouvelles de mes "en cours"...
à Manthelan j'ai commencé un tricot pour tester un de mes nouveaux fils avec une vague idée de ce que j'allais en faire. Finalement je suis très contente de l'allure que ça prend. Je
tricote selon la technique des dominos. ce sont des petits carrés successifs qui s'emboîtent les uns dans les autres. C'est à la fois du tricot et du patchwork. le résultat final sera un carré moelleux à porter l'hiver prochain.
Le fil est très fin, 50% mérinos, 50% soie tasar.
et quand je ne tricote pas, je "range"... je dis toujours que je ne brode pas, et pourtant, en rangeant mon atelier je me suis aperçue que j'avais plein de "trucs" brodés à gauche à droite et
laissés à l'abandon; J'avais entr'autre fait tout un travail sur la garance et les indiennes et brodé différents échantillons. Je vais tous les terminer et probablement les assembler (l'effet patchwork du tricot?) et en faire un grand panneau décoratif...à
suivre...
Cela n'a donc rien à voir avec le fait de re-creuser le fil pour y enlever quelque chose (le grès, bien sûr, cette terre argileuse qui se faufile dans les cocons pour en faire une vraie maison)... Ah tu (vous) peux rire!!!!
Voila l'idée que je me faisais du recreusage... Mais cet article a répondu a une autre question
Les fils de Marie sont tellement fins... que je pensais que chacun était le fil D'UN SEUL cocon... Je viens d'apprendre qu'on mêle plusieurs cocons pouir faire un seul fil... Marie, je peux poser une question...? Combien de cocons?
Merci pour ses intéressantes précisions, j'avais lu une nouvelle " Le crin de Florence " où l'auteur parlait de cela, ou plutôt de la conditions terribles de travail des ouvrières mais s'en expliquer le côté technique.
Commentaire n°3
posté par
Geneviève
le 24/05/2009 à 12h48
Le crin de Florence c'est encore autre chose. C'est la glande séricigène du ver à soie que l'on extrait et étire avant que le ver ait filé. C'était utilisé en chirurgie et en fil à pêche. Mais en
règle générale, quand l'industrie de la soie était à son apogée, les conditions de travail n'étaient pas des plus agréables (humidité, odeur). On ne rencontre pas ces inconvénients dans
l'artisananat parce que les volumes traités ne sont pas les mêmes!
Merci de ces explications en images ! C'est limpide ! A bientôt j'espère. Bises
Commentaire n°4
posté par
zouzou
le 24/05/2009 à 15h10
Merci, c'est très enrichissant, le travail que tu réalises sur la soie... et les merveilleux ouvrages qui en résultent. ton site est merveilleux, passionnant. bien amicalement
Commentaire n°5
posté par
milou
le 24/05/2009 à 17h31
Très intéressant cet article, merci Marie. Je trouve les indiennes très jolies, ce serait dommage de les abandonner ..
Commentaire n°6
posté par
katie
le 24/05/2009 à 18h44
Très intéressant, quel travail !
Commentaire n°7
posté par
souricette
le 24/05/2009 à 20h58
Merci marie pour ce cours de dévidage ! c'est vrai qu'il ne nous servira pas tous les jours mais c'est toujours enrichissant de savoir comment on travaille cette fibre si précieuse. Bisous
Commentaire n°8
posté par
Sandrine
le 25/05/2009 à 06h34
Tu me donnes une idée...là c'était le décreusage avant filage, mais un jour je vous ferai voir le dévidage des cocons sur un rouet.
cela me rappelle le travail de la soie au Vietnam !
Bises et bon dimanche
Trinity
eh oui, le travail de la soie est universel! c'est ce qui me permet de facilement m'intégrer quand je voyage dans les pays de la soie!
bises!
Voila l'idée que je me faisais du recreusage... Mais cet article a répondu a une autre question
Les fils de Marie sont tellement fins... que je pensais que chacun était le fil D'UN SEUL cocon... Je viens d'apprendre qu'on mêle plusieurs cocons pouir faire un seul fil... Marie, je peux poser une question...? Combien de cocons?
J'espère que j'en ai fait rire quelques unes!
Creuser, recreuser, décreuser...finalement je ne fais que ça!
et pour te répondre, mes fils vont de 7 à ... plus de 100 cocons!
Bonne journée!
Le crin de Florence c'est encore autre chose. C'est la glande séricigène du ver à soie que l'on extrait et étire avant que le ver ait filé. C'était utilisé en chirurgie et en fil à pêche. Mais en règle générale, quand l'industrie de la soie était à son apogée, les conditions de travail n'étaient pas des plus agréables (humidité, odeur). On ne rencontre pas ces inconvénients dans l'artisananat parce que les volumes traités ne sont pas les mêmes!
ton site est merveilleux, passionnant.
bien amicalement
Je trouve les indiennes très jolies, ce serait dommage de les abandonner ..
Tu me donnes une idée...là c'était le décreusage avant filage, mais un jour je vous ferai voir le dévidage des cocons sur un rouet.
je trouve tes broderies tres jolies